Il est très désagréable de vivre dans un état de tension permanent. Ça prend beaucoup d’énergie, on se sent tendu et fatigué, et on stresse notre entourage, ce qui nuit à nos relations professionnelles et personnelles. Alors comment faire pour se sentir plus décontracté, plus énergisé et plus présent ? Tout commence par la sensation du corps, et par l’importance de s’y sentir bien. Une des conséquences du stress chronique est que le corps devient rigide. Cet état de tension est la cause d’un inconfort permanent et entretien le stress. La clé pour s’en libérer, c’est d’agir sur son corps. C’est simple et rapide et c’est une manière efficace pour transformer notre état d’esprit. Voici 5 manières d’agir sur le corps pour soulager l’esprit et se sentir mieux au quotidien.
Quand on aborde la problématique du stress, on parle habituellement des émotions et de ce qui se passe dans l’esprit, comme la sensation d’urgence, la peur de ne pas y arriver, le besoin d’être parfait ou la peur des critiques. On se plaint d’un inconfort mental et on pense qu’il faut agir en priorité sur l’esprit et sur les conditions extérieures. On a tendance à oublier que l’inconfort est avant tout physique et qu’agir sur le corps est un préalable.
On voit à quel point le stress affecte notre corps quand on constate que toutes les personnes qui souffrent de stress chronique vivent un inconfort mental, mais aussi des douleurs physiques. Elles mentionnent souvent les problèmes de dos, qui les amènent régulièrement sur la table du physiothérapeute, la sensation d’être enfermée dans une armure et de vivre en apnée, des oppressions de la poitrine, un corps rigide et lourd à porter, des mâchoires serrées, un front plissé. Souvent elles transpirent, sont agitées et nerveuses, elles ont besoin de bouger, sont sur le qui-vive et sursautent au moindre bruit.
Pour se libérer de cet inconfort corporel, voici cinq pistes d’amélioration.
1. Reprendre conscience de son corps pour améliorer sa qualité de vie
Pourquoi notre corps est-il si souvent crispé et agité ? C’est la répétition des épisodes de stress durant la journée qui crée un état de tension permanent. Plusieurs fois par jour, sans qu’on s’en rende compte, les muscles de notre corps se contractent. Ces contractions se prolongent et notre corps adopte un certain mode. Ce sont souvent les mêmes situations qui provoquent le stress, ce qui crée un phénomène d’accoutumance. Par exemple, vous pouvez être tendu en voiture à chaque fois que vous conduisez, même si ce jour-là il n’y a pas de problème de circulation. Ou au travail, le comportement d’un collègue peut vous énerver à chaque fois que vous le voyez.
Ces tensions ne disparaissent pas après un weekend de repos. Le stress a si souvent été activé que le système nerveux est en permanence en mode vigilance, prêt à réagir. Il faut plusieurs jours de vacances en général pour retrouver une sensation d’apaisement.
C’est normal de ne pas faire attention à nos tensions musculaires, parce qu’on oublie beaucoup le corps de manière générale. On est tellement dans nos pensées qu’on ne sent plus le corps, sauf quand il exprime un besoin, comme la faim ou la douleur. Le reste du temps, on n’y pense jamais et on ne le sens jamais. Certaines personnes sont si cérébrales qu’elles n’ont plus aucune relation avec leur corps, elles ne le sentent plus.
Bien vivre, c’est avant tout bien vivre dans son corps. C’est dans nos sensations corporelles que tout se passe, que nous avons le vécu sensoriel d’une situation vécue. La preuve : quand on est grippé, qu’on a mal au ventre ou à un muscle, notre énergie baisse et tout paraît plus difficile. On a de la peine à se bouger, même pour des tâches intellectuelles. Nous sommes donc avant tout un corps, et toutes nos expériences passent par lui.
2. Se libérer de la toute-puissance du mental
Nous sommes dans une société influencée pendant longtemps par la pensée de Descarte, le célèbre « je pense donc je suis ». Nous avons privilégié les compétences mentales et l’activité intellectuelle pour nous définir, notre esprit est notre identité, et avons laissé le corps au domaine de la biologie, un système fermé qui fonctionne par lui-même. D’après cette doctrine, le corps est séparé de l’esprit. Chaque partie fonctionne de son côté.
On sait aujourd’hui que ce n’est pas vrai. Le corps et l’esprit sont en communication permanente et s’influencent mutuellement. Il n’y a pas que le cerveau qui donne des ordres au corps, le corps lui en transmet également. Par les signaux qu’il envoie sur l’état du squelette, la position du corps, les tensions musculaires, le fonctionnement des organes internes, le corps donne des instructions de réajustement au cerveau.
3. Utiliser la physiologie car le corps est « diffuseur d’humeur »
De nombreuses expériences confirment le principe du « feedback facial ». Elles montrent que selon que les traits de notre visage s’apparentent à un sourire, notre cerveau à tendance à être positif. Il sera par contre négatif si notre visage exprime la mauvaise humeur.
Le visage crée un biais cognitif qui pousse la conscience à se porter sur tel ou tel aspect d’une situation. Ce mécanisme d’influence du corps sur l’esprit est aussi valable pour le reste du corps. En fonction de la position et de l’état de tension des muscles, nous sommes stressé et tendu ou confiant et serein.
D’un point de vue physiologique, on appelle ça une boucle de rétroaction corps-esprit. Pour mieux la comprendre, prenons l’exemple d’une réaction de stress, qui s’effectue en 3 étapes :
- Le cerveau détecte un danger, il donne l’alerte au corps pour qu’il adopte le mode « attaque-fuite », via le système nerveux.
- Le corps se transforme. C’est là qu’apparaissent les tensions musculaires, le changement de la respiration, la transpiration, la libération d’hormones, etc…
- Le corps renvoie les informations pour informer le cerveau que les changements physiologiques ont bien été effectués et que le corps est prêt pour « l’attaque-fuite ». Le cerveau entre dans une boucle de rétroaction, ce qui maintient la réponse de stress. Les tensions mentales et physiques s’influencent mutuellement.
La clé pour être plus décontracté est d’agir sur cette boucle de rétroaction. En annulant l’étape 2, la transformation du corps. Le cerveau qui s’adapte au corps en déduit qu’il n’y a pas de danger, il stoppe la réponse de stress et ferme la boucle de rétroaction.
Par exemple, en cas de stress, le cerveau demande que la respiration s’accélère et se raccourcisse. Si vous faites l’inverse en adoptant une respiration complète, profonde, en insistant sur l’expiration, le cerveau va en déduire que votre corps n’est pas stressé. Il va donc calmer l’esprit, et vous allez vite vous sentir calme.
C’est donc par le corps qu’on calme l’esprit. D’où l’importance de se reconnecter avec son corps, pour non seulement pouvoir le contrôler, mais aussi pour mieux sentir tous les petits signaux faibles que le corps envoie au cerveau, et pouvoir détecter un stress avant qu’il ne soit trop important.
La physiologie est un outil puissant et rapide pour changer les états émotionnels. Adoptez un état du corps donné, et votre esprit adoptera la même caractéristique. Une physiologie dynamique créera en vous un état dynamique. Dès que vous agissez sur votre physiologie, vous transformez votre représentation interne, qui influe également sur votre état mental. Si vous avez les épaulées relâchées et vers l’arrière, le regard haut, une respiration profonde et fluide, il vous sera très difficile d’être déprimés ou découragés. Pour être moins stressé et décontracté, c’est donc à la source de l’état interne qu’il faut agir, à savoir la physiologie.
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4. Agir sur sa physiologie dans les situations stressantes du quotidien.
Quand vous devez vivre une situation que vous savez stressante, comme les déplacements, les urgences au travail, une présentation publique ou n’importe quelle situation de pression, soyez attentif à corriger les réactions de votre corps avant et pendant.
Avant, respirez bien avec le ventre, en insistant sur l’expiration, qui calme le corps. Relâchez également vos épaules et sentez le poids de votre corps dans le bas, idéalement vos pieds sur le sol ou vos fessiers sur la chaise. Poursuivez cette attention lors de la situation.
Le fait de vous concentrer sur le corps et de lui ordonner de se relâcher va vous permettre de rester calme et de prendre du recul sur la situation. Interrompre un stress vous permet de reprendre une sensation de contrôle et donc d’être plus décontracté. Relâcher le corps en cas de stress est très efficace pour l’interrompre, car ça interrompt la boucle de rétroaction.
N’hésitez pas à répéter ce travail de nombreuses fois. Il s’agit de créer un nouvel automatisme et une nouvelle association entre la situation et votre réponse émotionnelle. C’est un entraînement, il nécessite donc la répétition. Mais le résultat en vaut l’effort.
5. Se connecter à son corps le plus souvent possible
La meilleure façon de se reconnecter avec son corps est de multiplier les petites connexions. Plusieurs fois par jour, au travail ou dans vos loisirs, dans les moments stressants ou pas, concentrez-vous sur votre corps. Vos épaules sont tendues vers le haut ? Relâchez-les ! Vos mâchoires sont serrées ? Desserrez-les ! Vous ne sentez pas vos jambes ? Ancrez vos pieds dans le sol. Vous êtes vouté ? Redressez-vous ? Vous ruminez ? Revenez dans votre corps.
Multipliez les petits moments d’attention sur vos sensations. Petit à petit, votre cerveau va comprendre que ces informations sensorielles sont importantes pour vous et va créer de nouvelles routines. Vous serez plus connecté à votre corps, vous serez plus présent dans votre corps, et donc plus présent dans votre vie.
Vous deviendrez également plus attentif aux signaux faibles. Par exemple, vous serez capable de sentir vos épaules se contracter au moment où elles se contractent. Vous saurez aussi que votre inconscient a détecté un stress et pourrez agir immédiatement pour le stopper, en relâchant vos épaules. Vous aurez une sorte de thermostat qui vous alerte sur les émotions cachées par les changements subtiles de votre corps.
Il est important d’agir pour se sentir bien dans son corps. Pour cela, les articulations doivent être souples, les muscles décontractés, la respiration complète. Vos gestes doivent être déliés. Plus vous serez souple dans votre corps, plus votre esprit sera tranquille.
Il est très désagréable de vivre un état de tension permanent, et ça prend beaucoup d’énergie. Mais n’oubliez pas que nous ne sommes pas complètement piégés dans notre environnement, nous avons la possibilité, en transformant nos émotions, de vivre plus librement.
Le corps est un véritable diffuseur d’humeur qui influence notre état d’esprit, il est donc possible d’agir sur notre esprit en agissant sur le corps. Le secret réside dans le fait de reprogrammer nos automatismes. En se connectant au corps le plus souvent possible, on calme notre corps et donc notre mental. C’est en transformant nos sensations corporelles que l’on change nos émotions et qu’on peut vivre plus décontracté mentalement. Alors, ouvrez le robinet à sensations !
© Denis Inkei, Mind Center
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